Sources d’inspiration de nos chorégraphies

SOURCES D’INSPIRATION DE NOS CHORÉGRAPHIES

 

L’appel du Tam-tam

Cette pièce est hautement symbolique dans la mesure où elle nous rappelle que les instruments comme le tam-tam étaient le moyen de communication de nos aïeux. Mégaphone en quelque sorte de l’arbre à palabre pour porter la nouvelle d’un sacrifice, d’une disparition. C’est le rythme qui réunissait les villageois sous l’arbre situé sur la place du village ou bien chez le chef de village. Le griot battait son tam-tam et la nouvelle se répandait ainsi auprès des villages environnants.

 

Wango (danse spécifique de la région du Fouta)

Au Sénégal, les Toucouleurs, qui font partie de l’ethnie Peul, sont représentés principalement le long de la vallée du fleuve Sénégal, entre Dagana et Dembankané. Leur nom serait une distorsion de celui de l’ancien Royaume du Tékrour (Tekrouris). Réputés excellents éleveurs, les Peul sont les premiers à se convertir à l’Islam, puis deviennent les épées de la nouvelle religion.

Les hommes et les femmes dansent et entonnent, au rythme du Wango, accompagnés du khalam (luth d’Afrique occidentale), le chant des patriotes.

 

Domba

Les Bassaris, quelques milliers entre le parc du Niokolo Koba et la frontière guinéenne, habitent des hameaux de cases perchés sur les reliefs contrastés, les seuls du Sénégal (contreforts du Fouta-Djalon), et vivent de chasse, de pêche et d’agriculture.

Après la saison des récoltes, chaque foyer apporte une poignée de sa récolte pour participer au rituel de remerciement aux dieux pour la récolte : c’est la danse de Domba, une fête animiste haute en couleur.

 

Kotoba

C’est une danse que l’on trouve encore dans le Sénégal Oriental, véritable bout du monde, dont la porte d’entrée, Tambacounda, est à 500 km de la capitale. L’origine des peuples qui y vivent est entourée d’un mystère que les habitants eux-mêmes entretiennent. Certains de leurs rites initiatiques et cérémonies n’ont rien de commun avec ceux de toutes les autres ethnies.

On y danse le Kotoba lorsqu’un vieillard meurt : ils s’asseyent sur une chaise en bambou, dansent au son du tambour, pleurent, puis boivent du vin de palme et de la bière de mil récolté et brassé localement.

Dans l’arrondissement de Salimata (région de Kédougou), ils ne sont guère plus de quatre mille individus qui vivent dans des cases rondes individuelles, coiffées de toitures coniques en paille. Leurs villages sont souvent situés dans les collines escarpées, qu’on grimpe très difficilement à pied.

 

Balante

Les Balantes à la peau particulièrement noire représentent l’une des ethnies les plus fétichistes du Sénégal. Occupant le sud du Sénégal, surtout la Basse Casamance, cette ethnie se subdivise en plusieurs sous groupes assez typés : Loups, Bliss, Caponnes, Foënes, Diougouts, Diamants, Ballots… Une légende leur prête une arrivée par la mer depuis le Soudan. Menacés au sud par les Mandingues qui voulaient les islamiser à tout prix, ils sont restés là pour préserver leurs traditions animistes, notamment leurs rituels de danse. Les guérisseurs porteurs de masques versent du sang et boivent du vin pour éviter la sècheresse au moment de partir à la cueillette du bois, des foins… La sorcellerie joue un rôle de premier plan pour vaincre leurs ennemis. Dans leur fétichisme, le masque de la réjouissance réveille tous les mauvais esprits et les combat. La danse Balante a quelque chose de mystique, de sacré à la limite.

 

Mandiany

C’est une danse mettant en scène la déesse de la cour royale de Soumaworo Kante prenant le bain rituel, sorte de bain de bénédiction qui regroupe guerriers du royaume et femmes dont l’étoffe de grands boubous de multiples couleurs rivalisait avec l’éclat des perles précieuses. Les fleurs et l’eau de la bassine étaient bénies par les féticheurs les plus en vue. Les femmes dansaient à travers le village pour exprimer leur bonheur ; les hommes buvaient du vin de palme pour mieux danser avec leurs masques de Mandiany. Seuls les nobles la pratiquent encore à l’occasion de mariages ou baptêmes.

 

Liberté

Au fil des siècles, l’expédition des pharaons le long des côtes africaines (vers 600 avant J.C.) tomba dans l’oubli. On ignorait si l’Afrique était contournée ou non par la mer. Deux mille ans après l’entreprise égyptienne, les Européens atteignent le Cap de Bonne Espérance, démontrant que le tour du continent noir pouvait être réalisé par voie maritime. Après plusieurs siècles marqués par la pratique intensive de l’esclavage à l’usage de la traite négrière, pilier du commerce triangulaire transatlantique, certains Européens de plus en plus nombreux, choisirent d’appliquer à l’Afrique les principes de la civilisation des lumières. Néanmoins, le vaste mouvement d’exploitation de l’Homme, puis des immenses ressources naturelles du continent africain, les excès, crimes et délits de la colonisation entachèrent la réputation de l’homme occidental en Afrique. Cela n’enlève rien à la grandeur et à la gloire des Africains qui ont recouvré la liberté pour leurs peuples. Ce geste est donc l’origine inspiratrice de la danse dénommée Liberté.

 

Mansa Kourou

A Yéllingara (région de Bakel), les femmes du village cultivent les champs et ramassent du bois. Elles ne doivent pas abuser des feuilles du baobab pour préparer le repas du soir : c’est là que les génies les attendent pour tendre leurs pièges. Fort heureusement, le guérisseur du village est vigilant face à ces drôles de tentatives nées d’expériences de voyance. Dans ses multiples « vases de mystères », des racines mélangées avec du lait caillé et du sang de coq sacrifié, le guérisseur utilise la force du savoir accompagné par des tam-tams sacrés. La queue du lion est sa puissance. Une calebasse pleine de sang de coq blanc est versée sur le corps de la victime des génies, en agitant une queue de lion représentant la puissance destinée à contrer l’esprit maléfique des génies. Il combine les multiples dialectes sacrés du Coran et réussit toujours à chasser les mauvais esprits. Ses succès restent chantés et dansés de génération en génération par les membres de sa famille.

 

Doundoumba

En 1898, plus précisément le 1er mai, les colons organisent une attaque pour détruire le royaume de Bademba Traoré au siège de Sikasso (sud du Mali). Le roi ordonna à sa femme et ses enfants, accompagnés de quelques guerriers ainsi que du griot, de rester et de tout faire pour que son histoire reste toujours dans les mémoires. Les coups de canon se multiplièrent, et pour arrêter le massacre rendu inévitable par le déséquilibre des armes, le roi, préférant la mort plutôt que la honte, prit le sabre d’un guerrier et se sacrifia après 15 jours de combat ; ses guerriers aussi se sacrifièrent. C’est ce que célèbre depuis ce jour la danse de Doundoumba ou « danse des hommes forts« .

 

Autres thèmes sources d’inspiration de nos danses :

  • Le « Simb » ou jeu du faux lion

Il est pratiqué durant l’été partout dans le pays. Des danseurs déguisés et maquillés en lion terrorisent les enfants. Ils ne relâchent ceux qu’ils attrapent et font mine de dévorer, que contre l’achat d’une sorte de ticket de spectacle (par l’enfant lui-même, un parent, un passant…).

  • « Thiakaba » ou les échasses

On fait souvent appel au « Thiakaba » pour chasser les mauvais esprits. Secret des royaumes lointains depuis le royaume d’Abraham que les ennemis voulaient brûler dans le feu de bois ramassé par la population : Dieu a créé des hommes qui ne brûlent pas.

 

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