L’Artiste

UN AUTHENTIQUE GRIOT

La musique sénégalaise puise ses origines dans les chants des griots à la gloire des rois et des princes et reste souvent associée à la parole de ces griots, poètes détenteurs de la mémoire historique et mythique. Cet équivalent africain du troubadour ou du barde a connu son heure de gloire dès le XIIIème siècle, à l’apogée de l’empire mandingue.

Répartis aujourd’hui entre la Guinée, le Mali, le nord de la Côte d’Ivoire, l’est du Sénégal et la Gambie, sur la vaste étendue de l’ancien empire, les griots mandingues partagent une même tradition de chants déclamatoires et l’usage de certains instruments emblématiques comme la kora. Dans ces pays qui ont su conserver leurs cultures traditionnelles, on est griot de génération en génération :                                  les griots  – au sens strict du terme chanteurs musiciens castés – se transmettent d’abord leur savoir dans le milieu familial et dès leur enfance, ils apprennent à jouer des instruments de musique.

Kandara, né en 1974 à Dakar, est le petit-fils et l’héritier direct de Kemo Soundioulou Cissokho, originaire de Casamance, l’un des plus célèbres « korafolas » (joueurs de kora) de l’ancien empire du Mandé. Son trio avec ses femmes Maïmouna et Maa Hawa Kouyaté – deux divas de la chanson mandingue – marqua les mélomanes et il sillonna le monde. Ses nombreuses créations lui valurent les honneurs en France (Médaille Sacem) comme au Sénégal sous la présidence de L.S. Senghor et au Théâtre national Daniel Sorano, ainsi que, par exemple, en Guinée où, en 1967, il fut couronné « roi de la kora ».

Kandara est élevé par son grand-père qui joue son rôle de griot en lui transmettant sa passion de la kora, enseignée dès l’âge de 11 ans ; et il obtient son diplôme de musique traditionnelle au Conservatoire de Dakar en 1988.  Il joue et chante ensuite en accompagnant son père dans de nombreuses manifestations traditionnelles mandingues à travers le Sénégal.

A partir de l’année 2000, il participe à diverses rencontres artistiques : « Ecole des sables » (danse) de Germaine Acogny à Toubab Dialaw, festival de Yoff, Centre Culturel Français de Dakar, inaugurations de galeries d’art et à de nombreux échanges musicaux, s’intéressant en particulier à projet associatif de revalorisation des contes à travers les écoles et sur Radio Oxygène Dakar.